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Panoramisk / Le druide de la VoIP 

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En plus leur plate-forme de téléphonie utilise Asterisk, comme quoi on peut la convergence est une réalité.

Test du téléphone Wi-Fi Aastra 312

Nous vous parlions il y a quelques semaines de la sortie du téléphone Wi-Fi du constructeur Canadien Aastra, très amicalement et promptement Aastra France nous a fait parvenir un modèle de test. Nous vous livrons ici nos premières impressions de ce téléphone couplé à un Asterisk et utilisant un réseau Wi-Fi construit sur du matériel orienté grand public.

Le matériel

Le téléphone Aastra 312 respire le solide, il est sensiblement plus gros que l’ensemble des téléphones Wi-Fi que nous avons pu testé et ressemble plus à une téléphone DECT d’entreprise qu’à un GSM, ce qui semble une approche cohérente par rapport au marché des entreprises.

140 grammes sur notre balance avec sa batterie, il est livré avec un petit socle permettant de le recharger tout en le gardant sous le yeux sur le bureau. Petit plus, on peut configurer le 312 de façon spécifique lorsqu’il est sur son socle, par exemple en désactivant la sonnerie ou en forçant l’écran à rester allumé.

En terme d’autonomie, les tests que nous avons effectués indiquent une capacité à tenir environ 2h30 en communication, ce qui est largement suffisant pour la plupart des usages mobiles qui visent plus le fait d’être joignable que de tenir une longue conversation. Un indicateur sonore de fin d’autonomie peut être mis en service si besoin.

Le logiciel

D’une prise en main assez simple, le téléphone dispose d’une interface dépouillée sur un écran couleur LCD assez grand (trop pour les informations à afficher). Une liste d’icône sur la partie supérieure de l’écran présente le statut du réseau et la qualité de la liaison Wi-Fi, ainsi que des informations sur la configuration (renvoi, message vocal, verrouillage du clavier, réveil, …).

La configuration s’effectue via un menu d’accès aisé, mais il est nécessaire de faire référence à la documentation avant de se lancer dans celle-ci. Pour la partie Wi-Fi on retrouve ce qui est indispensable aujourd’hui à savoir une recherche des SSID proposés sur la zone avec leur niveau de qualité de signal respectif, une configuration de la sécurité proposant WPA en mode clé partagé (pas de mode entreprise, ce qui pourrait être demandé par certaines entreprises).

La configuration réseau intègre aussi bien l’adressage que la partie SIP. Ce choix est original est assez perturbant, en effet, s’il on choisi DHCP, il faut alors que le serveur DHCP fournisse les informations relatives à la partie SIP. Dans l’absolu cette solution est excellente pour les entreprises de taille moyenne (ou grosse) disposant d’une solution de fourniture d’adresse évoluée et notamment qui va permettre de configurer des extensions (vendor class), en revanche si vous souhaitez connecter votre téléphone sur un point d’accès routeur grand public, vous devrez passer en adressage fixe, dommage.

Notre premier essai en adressage IP fixe a été concluant, aussi bien la partie Wi-Fi que l’enregistrement sur notre Asterisk a fonctionné du premier coup et sans soucis particulier. On retrouve alors un poste SIP traditionnel du point de vue de la configuration, notamment du côté de l’IPBX. On pourrait regretter que la pile SIP soit différente (extérieurement au moins) des modèles filaires de la gamme, mais ce n’est pas spécialement bloquant, surtout lorsque l’on passe en configuration via DHCP.

Pour la partie configuration par DHCP il nous a fallu chercher un peu, notamment pour configurer notre serveur DHCP afin qu’il fournisse les options spécifiques au téléphone. Une fois maîtrisée, cette partie permet d’automatiser la configuration de l’ensemble des postes IP mobiles, sur la base de leur adresse MAC, ce qui est souvent le cas dans la téléphonie sur IP.

Il ne reste, en terme de configuration, que la partie Wi-Fi à effectuer sur chaque téléphone de façon manuelle. Cette partie est assez rapide mais à répéter sur tous les téléphones du parc. On veillera donc à spécifier des paramètres réseaux corrects, dans notre cas du WPA avec une clé partagée assez longue. Ceci va dans le sens de dédier un réseau Wi-Fi (SSID) à l’usage de la téléphonie si le parc est de taille importante, sinon, à chaque changement de paramètre il sera nécessaire de repasser sur l’ensemble des téléphones, ce qui sera fastidieux et consommateur de temps.

Usage

A l’usage, le téléphone Aastra 312 est simple et efficace. On retrouve des fonctionnements très classiques d’un téléphone DECT d’entreprise avec quelques fonctions spécifiques à la partie Wi-Fi, notamment une indication sonore en cas de signal faible.

On remarque la richesse fonctionnelle sur les fonctions de téléphonie, par exemple, les renvois en cas d’occupation, systématique ou après un délai configurable. La partie écran, image de fond, réglage de l’intensité est simple et suffisante, ainsi que la partie sonneries.

Le répertoire est présent, mais pas (à priori) téléchargeable depuis un serveur d’entreprise. Chaque utilisateur devra donc gérer son répertoire, comme sur un téléphone GSM en sorte. Petit avantage proposé ici, le stockage du répertoire et des paramètres de l’utilisateur s’effectue sur une carte mémoire qui peut être déplacée dans un autre téléphone de même type. Ceci permettra alors d’en changer en cas de problème technique, c’est une solution intermédiaire, on aurait bien sûr préféré voir également un annuaire d’entreprise interrogé en LDAP par exemple et contenant l’ensemble des informations partageables entre les postes utilisateurs.

Ce qui est le plus frappant sur ce produit est la qualité d’écoute. Nous sommes, en effet, avec ce produit très proche d’un DECT classique, ce qui avec la contrainte d’utilisation du Wi-Fi est assez remarquable. La qualité de fabrication du combiné apporte également un plus à l’impression de confort aussi bien pour l’utilisateur du téléphone que son interlocuteur. D’un point de vue des codecs, la choix est très restreint, on restera si possible sur du G.711, il consomme un peu plus de bande passante, mais l’impact sur le Wi-Fi n’est pas plus important et surtout il offre une qualité élevée.

Nous avons également apprécié le fait de pouvoir supprimer la sonnerie lorsque le téléphone est sur son socle de chargement, donc à priori sur votre bureau. En effet, s’il on couple notre mobile à un téléphone de bureau SIP traditionnel, alors on pourra créer, par le plan d’appel du PABX IP, un scénario avec appel sur le mobile et débordement sur le fixe, ou un groupement faisant sonner les deux postes (fixe et mobile). Ainsi, le mobile pourra être utilisé lorsqu’il n’est pas sur la base et le poste fixe dans le cas contraire. C’est facile à mettre en place, pratique et très riche fonctionnellement.

Le dernier point à aborder est celui du déplacement sur un site de taille importante et donc disposant de plusieurs points d’accès Wi-Fi (ESSID dans la littérature Wi-Fi). La solution technique du Wi-Fi n’est pas optimale pour la mobilité, en effet, les échanges sont nombreux entre les clients et le point d’accès lors de l’association du mobile. Les essais que nous avons effectués dans le cas le pire, c’est à dire avec des points d’accès ne mettant pas en oeuvre des solutions simplifiant la mobilité des clients, ont montré que le temps de bascule est d’environ 300 à 500 ms. Si le téléphone n’est pas en utilisation, ce délai est sans impact, en revanche en communication vous remarquerez le changement de point d’accès par une coupure de la voix pendant ce délai. Ceci s’explique et n’est pas spécialement gênant si on prend comme référence la téléphonie mobile de type GSM, en revanche, le DECT sur ce point est bien meilleur car proposant une mobilité sans coupure.

Conclusion

En résumé, Aastra nous propose ici un bon produit, riche fonctionnellement et facilement intégrable à une plate-forme SIP. Nous en attendions un peu plus, mais nous sommes très exigeants en tant qu’utilisateur.

En revanche d’un point de vue technologique la solution est remarquable dans sa finition; on sait que le Wi-Fi n’est pas la plate-forme rêvée pour faire transiter de la voix, l’Aastra 312 s’en sort bien, si bien que l’on oublie qu’il utilise cette technologie1. Il ne reste plus qu’à travailler un peu sur les aspects d’intégration avec le monde extérieur, notamment au niveau du répertoire pour avoir un produit parfait.

Donc si vous envisagez de mettre en place une extension sans fil à votre système de téléphonie SIP (qu’il soit à base d’Aastra ou d’une autre produit), n’hésitez pas. L’infrastructure réseau à mettre en place vous offrira de la mobilité pour un grand panel d’équipement et vous pourrez ainsi avoir quelques téléphones mobiles à un coût d’intégration moindre qu’avec du DECT/SIP.

Cet Aastra 312 est probablement l’un des meilleurs téléphones SIP Wi-Fi du marché, sans aucun doute. Il faudra suivre les évolutions techniques et commerciales pour le valider complètement et attendre les réponses des autres constructeurs.

Annexe: configuration du serveur DHCP

Si vous avez opté pour des postes Aastra 312, il vous faut mettre en place un serveur DHCP permettant d’automatiser la configuration de ceux-ci pour la partie SIP. Etant donné que nous y avons passé un peu de temps, voici la configuration à mettre en place sur un serveur de type ISC DHCPD sous Linux, si vous avec un Windows 2003 serveur, c’est plus simple…

Dans la configuration dhcpd.conf il faut tout d’abord créer une classe dédiée au modèle Aastra 312 et regroupant les définitions des paramètres spécifiques, on commence par la définition des options:

######################## AASTRA WI-FI PHONE 312
option space aastra312;
# Country
# 1 ALLEMAGNE, 2 GRANDE-BRETAGNE, 3 SUISSE, 4 ESPAGNE, 5 FRANCE, 6 ITALIE
# 7 RUSSIEi, 8 BELGIQUE, 9 PAYS-BAS, 10 TCHEQUIE, 14 FINLANDE
# 16 POLOGNE, 25 TAIWAN, 100 ETATS-UNIS, 102 CANADA
option aastra312.country      code 17 = unsigned integer 16;
# Nom du compte
option aastra312.name         code 20 = string;
# Adresse proxy SIP|nom[:port]
option aastra312.sipproxy     code 21 = string;
# Adresse registrar|nom[:port]
option aastra312.sipregistrar code 22 = string;
# Adresse proxy sortant[:port]
option aastra312.sipoutproxy  code 23 = string;
# ID de l utilisateur SIP & password
option aastra312.sipuser      code 24 = string;
option aastra312.sippwd       code 25 = string;

Puis on construit la classe, ici, tous les téléphones Aastra 312 qui vont demander une adresse au serveur DHCP vont présenter un label constructeur nommé “AastraPhone312”. On crée donc une classe qui va s’appliquer à cet ensemble, basé sur le discriminant du modèle:

class "Aastra 312" {
  match if option vendor-class-identifier = "AastraPhone312";
  vendor-option-space aastra312;
  option aastra312.country 5;
  option aastra312.sipproxy "192.168.16.40";
}

Ici, nous avons spécifié pour l’ensemble de nos téléphones Aastra 312 le fait que le pays était la France et que le serveur Proxy était à l’adresse 192.168.16.40. Nous aurions pu également spécifier un proxy de sortie et un registrar différent si besoin.

Il nous reste à configuré chaque téléphone de façon spécifique par rapport à ses attributs SIP. Dans la définition du sous-réseau, nous spécifions pour chaque téléphone une entrée basée sur son adresse MAC:

  host aastra312-45d0 {
       hardware ethernet 00:30:42:0d:45:d0;
       option aastra312.sipuser "12";
       option aastra312.name "Alex Chauvin";
  }

Ici, nous fournissons les informations spécifiques à l’identification au niveau SIP et au nom du téléphone qui sera affiché sur l’écran. Nous ajouterions le mot de passe SIP si l’authentification était demandée.

Un fois configuré sur la partie Wi-Fi et pour utiliser le DHCP, votre téléphone devra afficher le niveau du signal en haut à gauche de l’écran si tout va bien, sinon, il clignotera avec l’indicateur DHCP, signe qu’il y a un soucis. Attention, le débugage de cette partie n’est pas simple et a nécessité dans notre cas l’utilisation d’un analyseur de protocole afin de valider les échanges.

  1. ce qui pour l’utilisateur ne doit pas apparaître d’ailleurs []
Posté par: Alexandre Chauvin-Hameau, le 06/11/2007
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